Commençons par le film en tant que tel : La Femme de ménage est plutôt bien fait. Et contre toute attente, je dois avouer que je ne suis pas déçue.
Les acteur·ices sont convaincant·es, l’histoire reste crédible et, surtout, le film parvient à maintenir une tension constante. Il ne dévoile pas tout trop vite, laisse le suspense s’installer et sème intelligemment une multitude de petits indices, presque des easter eggs, qui prennent tout leur sens au fil du récit.
On sent une vraie volonté de captiver le spectateur, de l’emmener là où il ne s’y attend pas, tout en respectant les codes du thriller psychologique grand public.
Mais soyons honnêtes : on n’est pas non plus face à du grand cinéma. Le film reflète très fidèlement ce que le livre proposait déjà, avec ses qualités et ses limites.
On retrouve ainsi toute une galerie d’archétypes bien connus :
- le pervers narcissique, violent et manipulateur, qui choisit ses proies avec soin et les charme par son apparente perfection ;
- la femme au foyer que tout le monde pense folle ;
- et la jeune femme de ménage qui coche absolument toutes les cases du stéréotype de la femme “idéale” selon un male gaze franchement daté : blonde, sexualisée, hyper désirable (Sydney has great jeans, pour celles et ceux qui auront la référence).
À cela s’ajoutent, sans grande surprise, des scènes de sexe très inspirées de 50 nuances de Grey : des scènes déjà vues un milliard de fois, souvent maladroites, parfois franchement grossières, et rarement subtiles.
La seule nuance, et elle est importante, réside dans la morale du récit. Le film parle avant tout de violences conjugales, de domination, de femmes victimes de maris riches, séduisants… et dangereux. Et d’une femme de ménage qui, elle, décide de faire son travail jusqu’au bout, dans tous les sens du terme.
La fin est d’ailleurs très claire là-dessus : elle fait le ménage.